[PIND] Journée d’étude « La scène punk à Bordeaux (1976-2016) » — 1er décembre 2018

Rock School Barbey – 18 Cours Barbey 33800 Bordeaux (Entrée libre)

La scène punk à Bordeaux (1976-2016)

Cette 24ème journée d’étude, en collaboration avec la Rock School Barbey, s’inscrit dans le cadre du projet de recherche PIND (Punk is not dead. Une histoire de la scène punk en France, 1976-2016) soutenu par le programme Intelligence des Patrimoines du CESR, THALIM et par l’ANR.

Dès 1976, le punk est en France un phénomène total. La montée de sève qui propulse sur scène des groupes à peine formés et déjà « célèbres » à l’échelle de leur quartier, de leur ville ou de leur région, montre combien le mouvement ne se limite pas à un phénomène parisien, même si la capitale constitue un centre de gravité qui attire ou au contraire qui suscite méfiance et défiance. De Riot à Contôle, embryons des futurs Standards, de la génération « St » (1976-77), Strychnine, STO, Stalag, jusqu’à la scène punk actuelle, sans oublier, dans les années 1980-90, les trajectoires des Camera Silens, Brigade, Dépression, Révérends, Parfum de femmes, Corbeaux du Reichtag ou Mush, Bordeaux constitue un creuset essentiel du punk en France.

Bordeaux c’est évidemment la ville, ses groupes, ses musiciens, ses figures de la punkitudes (Grand Claude, Bidasse, Petit David, Caniche), ses lieux incontournables, le Bar des Cours, le Jimmy, le Luxor, le St-Ex, plus récemment le Void, l’Antidote, ses associations, Rockotone, l’AEM, PAD, Allez les Filles, ses radios libres, ses labels (Vicious Circle) et disquaires indépendants (Trash, Bulle, Total Heaven), ses fanzines (Hello Happy Tax Payers, Captain’, Abus dangereux), les rubriques dans la presse locale (de Pop’ eye aux chroniques de Ricky Zello), les lieux informels, friches et squats (squat de la rue Leyteire ; squat l’Hôtel particulier). Mais au-delà du coeur urbain Bordeaux capte aussi les initiatives sonores et rebelles venues de la périphérie girondine (Sauveterre de Guyenne dans les années 1980) et du grand Sud-Ouest pour la période plus récente. Faut-il s’étonner de cette vivacité ? Bordeaux, cultivant une posture de rébellion héritée de l’histoire, a fait preuve d’énergie et d’inventivité pour résister musicalement à l’image bourgeoise de « Belle endormie » qui lui collait à la peau. Les initiatives pionnières (Festival punk de Mont-de-Marsan, 1976, 1977) au cours desquelles s’illustrent les Bordelais de Strychnine ouvrant pour Clash, les rivalités légendaires avec Toulouse, autant que les liens avec l’Angleterre, constituent des pistes à exploiter pour comprendre et définir la force, l’empreinte et l’identité punk de la scène locale.

Cette journée d’étude cherchera donc à questionner les enracinements bordelais du punk tant au point de vue de leur singularité, de leur originalité géographique et culturelle, que du point de vue des influences et tensions entre centre et périphérie, voire entre régions. Il s’agira d’éclairer l’activité punk dans la ville et dans la région de Bordeaux (musiciens, créateurs, artistes, gens de radio, magasins de disques, organisateurs de concerts, labels, etc.), de questionner la spécificité et l’identité propre du punk bordelais et de ses ancrages, de susciter des études autour des transferts culturels qui participent éventuellement d’une traduction du punk à l’échelle locale voire régionale. Enfin, certains aspects comme les rivalités et porosités entre villes et réseaux de musiciens et d’acteurs (Bordeaux et Toulouse, Bordeaux et Pau, Bordeaux et Paris) pourront faire l’objet d’approches particulières.

 

Découvrez le programme complet de cette journée sur le site Internet du projet PIND.

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